Chronologie des événements de vie (Chronique familiale) — Modèles & Documents - GenoEasy
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Chronologie des événements de vie (Chronique familiale)

Modèle de frise chronologique horizontale pour consigner les événements familiaux sur une période allant jusqu'à 100 ans — complète le génogramme par la dimension historique et temporelle (migrations, guerres, ruptures économiques, naissances, décès).

Format: PDF Version: 1.0 Mise à jour: 2026-06-03 Licence: CC BY 4.0 Langue: DE

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Pourquoi une frise chronologique en complément du génogramme ?

Le génogramme représente la structure du système familial — qui appartient à qui, dans quelle relation, avec quels schémas. La dimension temporelle se perd dans cette représentation structurelle : quand s'est passé quoi, dans quel ordre, avec quelles concentrations ? C'est précisément ce manque que comble la chronologie des événements de vie.

Monica McGoldrick et Randy Gerson documentent dans « Genograms: Assessment and Treatment » (4e éd. 2020, chap. 4) la Family Chronology comme instrument complémentaire standard : une liste chronologique de tous les événements familiaux pertinents sur trois générations avec dates. Murray Bowen utilise le Family Diagram + Chronology en combinaison — structure et temps comme deux faces du même diagnostic.

Une deuxième racine méthodologique provient de la recherche sur le stress : Thomas Holmes et Richard Rahe ont publié en 1967 la « Social Readjustment Rating Scale » (SRRS) — une liste de 43 événements de vie standardisés avec des valeurs de stress (« Life Change Units »), dont la somme cumulée corrèle avec un risque accru de maladie. Hobson et al. (2023) ont modernisé cet instrument avec révision par les pairs. Important : la SRRS est un instrument de recherche pour la quantification du stress, pas un diagnostic individuel. Elle peut aider à rendre visibles les concentrations d'événements — l'interprétation reste clinique.

Une troisième racine est la ligne de vie subjective (Lifeline) issue du coaching et de la consultation humaniste : les client·e·s tracent eux-mêmes leurs hauts et leurs bas sur un axe temporel. Il ne s'agit pas ici d'une datation objective, mais de l'histoire ressentie. Le modèle GenoEasy est un hybride : événements objectifs (naissance, décès, mariage, déménagement) plus marquage subjectif (point culminant, crise, perte), sur le même axe temporel.

Contenu : Racines méthodologiques · Catalogue de recueil · Holmes-Rahe comme outil · Questions d'analyse · Sécurité face aux traumatismes · FAQ · Page de couverture d'impression · Frise remplissable 0-100 ans · Liste de contrôle d'adaptation · Sources.


Que met-on sur la frise chronologique ?

Une frise complète contient cinq catégories d'événements, chacune avec une date (année, éventuellement mois) et un bref mot-clé. Plus de catégories surchargent la représentation ; moins en laissent les schémas invisibles.

Catégories standard pour la ligne de vie

(1) Événements structurels familiaux — naissances, décès, mariages, divorces, séparations ; également naissances/décès dans la famille élargie ayant eu un impact émotionnel (grands-parents, oncles/tantes, parrains/marraines).

(2) Déménagements et migrations — tous les changements de lieu de résidence avec année et région. Pour les migrations, indiquer également le motif (emploi, guerre, fuite, relation).

(3) Changements professionnels et étapes de formation — école, apprentissage, études, changements d'emploi, chômage, promotions/rétrogradations. Pour les indépendant·e·s, également créations/fermetures d'entreprise.

(4) Événements de santé — maladies graves, opérations, accidents, crises psychiques, poses de diagnostic. Pour les traitements, indiquer également le début/la fin du traitement.

(5) Hauts et bas subjectifs — indépendamment du système : quand la vie s'est-elle sentie particulièrement bien/mal ? Cette catégorie reflète le point de vue du/de la client·e, non l'interprétation du/de la conseiller·e.

En option : (6) Événements de contexte historique — guerre, réunification, crise économique, pandémie. Ces événements agissent sur le système sans avoir été vécus individuellement. Très instructif pour les familles migrantes et les client·e·s plus âgé·e·s.

Conseil pratique : Avant la séance, le/la client·e peut préparer sa carte d'identité, son curriculum vitae, son album de famille — cela comble les lacunes de mémoire concernant les dates. L'évaluation émotionnelle intervient ensuite pendant la séance.

Pièges lors du recueil

  • Exiger l'exhaustivité — la frise est une approximation, pas un curriculum vitae
  • L'interprétation du/de la conseiller·e (« c'était sûrement marquant ») — pour la catégorie 5, c'est le point de vue du/de la client·e qui prime
  • Aborder des zones traumatiques sans stabilisation préalable — voir Sécurité face aux traumatismes ci-dessous
  • Faire calculer les valeurs Holmes-Rahe comme un test — la SRRS est un instrument de recherche, non clinique

L'échelle Holmes-Rahe : outil, pas vérité

La SRRS (Social Readjustment Rating Scale) est un auxiliaire de quantification du stress : 43 événements de vie standardisés avec des « Life Change Units » (LCU) — décès du conjoint 100 LCU, divorce 73, mariage 50, grossesse 40, changement d'école 20, vacances 13. La somme des LCU des 12 derniers mois corrèle dans les études épidémiologiques avec une vulnérabilité accrue aux maladies (>300 LCU = seuil de risque).

Ce que l'échelle peut faire : Elle rend visibles les concentrations. Un·e client·e qui a vécu au cours des 18 derniers mois un divorce, un déménagement, un changement d'emploi et le décès d'un parent cumule sur cette période 230+ LCU — c'est une charge cumulée cliniquement pertinente, même si chaque événement isolé serait « explicable ».

Ce que l'échelle ne peut pas faire : Elle ne diagnostique pas de maladie, elle ne connaît pas l'évaluation subjective de la charge, elle est fortement centrée sur la culture américaine (1967), et elle traite les événements positifs (mariage, promotion, enfant désiré) comme une charge au même titre que les négatifs — ce qui ne correspond souvent pas à la réalité clinique. Hobson et al. (2023) ont donc proposé une variante modernisée qui intègre notamment l'auto-évaluation du/de la client·e.

Important : Les sommes LCU Holmes-Rahe sont en pratique de consultation un point de départ pour la conversation (« Au cours des deux dernières années, de nombreux grands changements se sont accumulés pour vous — comment avez-vous vécu cela ? »), jamais un diagnostic. Les client·e·s qui comprennent l'échelle comme un « test » se sentent souvent coupables de leur maladie — ce qui est contre-productif.
Adaptation : Pour une clientèle DACH (pays germanophones), utiliser les valeurs LCU originales comme orientation approximative, sans les additionner. Pour un contexte multiculturel, se référer à Hobson 2023 ou aux extensions culturellement sensibles.

Guide de recueil pour la séance

Un recueil de frise chronologique dure 45 à 60 minutes lors de la première itération. Une séquence en trois étapes a fait ses preuves.

Étape 1 — Données structurelles (15 min) : D'abord les données objectives : année de naissance, changements d'école, formation, événements relationnels, déménagements. C'est ici que la frise est « construite ». La date avant l'évaluation.

Étape 2 — Événements significatifs (20 min) : Quels événements ont changé le cours de la vie ? Y compris les événements non structurels (une maladie, la perte d'une amitié, une rencontre). Le/la client·e décide ce qui mérite d'être inscrit — le/la conseiller·e pose des questions ouvertes.

Étape 3 — Évaluation et schémas (15-20 min) : Marquer les hauts/bas subjectifs. Quelles années semblent lourdes, lesquelles légères ? Repérer les concentrations (toutes les pertes la même année ? plusieurs changements d'emploi ?). « Anniversary Reactions » : des symptômes récurrents à la date anniversaire d'une perte ? Ces schémas sont des hypothèses pour la séance suivante.

Pourquoi les Anniversary Reactions ? Bowen et McGoldrick ont documenté : les familles présentent souvent des symptômes liés aux dates anniversaires — dépression en novembre (si le père est décédé 10 ans auparavant), attaques de panique en mai (si la famille a été séparée de force dans l'enfance). La frise rend visibles ces synchronicités.

Sécurité face aux traumatismes lors du déroulement chronologique

La frise peut déclencher des contenus traumatiques — les souvenirs de dates sont souvent associés à des réactions corporelles. Avant le recueil, le/la client·e doit être suffisamment stable pour examiner son propre matériel sans être submergé·e. Le modèle des phases du trauma selon Judith Herman / Luise Reddemann prévoit trois phases :

Phase 1 — Stabilisation (sécurité, ressources, autorégulation) — avant que le matériel chronologique soit abordé. Si le/la client·e ne peut pas distinguer « alors » de « maintenant » (flashbacks, dissociation, idées suicidaires aiguës), la frise est contre-indiquée.

Phase 2 — Traitement du traumatisme — confrontation contrôlée avec le matériel ; la frise peut ici être un instrument structurant qui aide à obtenir une vue d'ensemble sans se perdre.

Phase 3 — Intégration — inscription dans l'histoire de vie. La frise devient un outil pour dire « c'est ainsi que cela s'est passé, c'est ainsi que cela est aujourd'hui, c'est ainsi que cela continuera ».

Limites du conseil libre : en cas de symptomatologie traumatique manifeste (PTSD, troubles dissociatifs, trauma complexe), le travail relève du traitement thérapeutique spécialisé en traumatologie — les conseiller·e·s libres sans qualification correspondante orientent vers d'autres professionnel·le·s (voir modèle « Contrat de consultation », § 6 Coopération + § 7 Résiliation extraordinaire).

Obligation clinique : En cas d'apparition d'idées suicidaires, de flashbacks aigus ou de dissociation pendant le travail sur la frise : interrompre immédiatement, viser la stabilisation (exercice d'ancrage, orientation dans le ici-et-maintenant), terminer la séance si nécessaire. Numéros d'urgence : service médical de garde 116 117, secours 112, service d'écoute téléphonique 0800/111 0 111.

Questions d'analyse

Une fois la frise remplie, les questions suivantes aident à reconnaître les schémas — comme conversation entre le/la client·e et le/la conseiller·e, non comme diagnostic du/de la conseiller·e :

  1. Quelles années semblent denses ? Quand beaucoup de choses se sont-elles passées en même temps ?
  2. Quelles années semblent vides ? Quel était votre quotidien pendant ces périodes ?
  3. Y a-t-il des regroupements de dates récurrents (toujours en automne, toujours autour d'un anniversaire rond) ?
  4. Quels événements étaient prévisibles, lesquels soudains ?
  5. Quels événements avez-vous portés en vous à l'époque, lesquels vous sont arrivés ?
  6. Où avez-vous vécu du soutien, où étiez-vous seul·e ?
  7. Quels événements évaluez-vous aujourd'hui différemment qu'à l'époque ?
  8. Quels schémas voyez-vous vous-même — personnels, familiaux, transgénérationnels ?

La dernière question ouvre le cercle vers le génogramme : ce que la frise montre dans le temps, le génogramme le montre dans la structure — les deux ensemble donnent le tableau systémique.


FAQ — Six questions centrales des client·e·s

1. Dois-je connaître toutes les dates avec précision ?

Non. Une indication par année suffit généralement ; pour les événements importants, le mois est également utile. Si vous n'êtes pas sûr·e, écrivez « ~1995 » ou « début des années 2000 ». La frise est une approximation, pas un curriculum vitae.

2. Dois-je aussi noter les événements éprouvants ?

Vous décidez ce qui y figure. Si un sujet est encore trop lourd, laissez-le de côté pour l'instant ou marquez-le avec un symbole, sans texte. Nous pourrons y revenir plus tard, lorsque le cadre sera stable. La frise n'a pas besoin d'être « complète » pour être utile.

3. Que signifie la liste Holmes-Rahe — suis-je « malade » si j'ai beaucoup de points ?

Non. La liste est un instrument de recherche qui montre quand de nombreux changements se concentrent en peu de temps — ce qui augmente statistiquement le risque de maladie. Ce n'est pas un diagnostic. Un score élevé signifie : beaucoup de changements, beaucoup d'efforts d'adaptation. Comment vous vous sentez par rapport à cela, c'est vous qui en décidez, pas le tableau.

4. Que faire si je suis déclenché·e en écrivant ?

Dites-le immédiatement. Nous interrompons et revenons dans l'espace avec un exercice de stabilisation. Être déclenché·e n'est pas un échec — c'est un signe que le matériel est important. Nous n'irons alors que jusqu'où cela est possible. En cas de submersion récurrente, nous examinerons si le travail sur la frise est le bon moment ou si une autre étape doit précéder.

5. D'autres personnes peuvent-elles lire ma frise ?

Non. Elle reste dans votre dossier de consultation et est traitée de manière confidentielle comme toutes les autres données (voir consentement RGPD). Une analyse anonymisée en supervision est possible si vous y avez consenti — les noms et les détails identifiants sont alors retirés.

6. Que devient la frise après la consultation ?

Elle fait partie de votre documentation de consultation et est conservée conformément au délai légal professionnel (en consultation libre, généralement : 3 ans après la fin). Sur demande, vous pouvez en obtenir une copie ou en demander la suppression. C'est votre matériel — vous décidez de son devenir.


Note d'utilisation du modèle à reproduire

Les pages suivantes contiennent une chronologie des événements de vie imprimable sur 100 ans, répartie en 0-50 et 50-100. Vous pouvez détacher les pages, les remplir et les utiliser conjointement avec votre conseiller·e ou en préparation à domicile.

  • Trois pistes par bloc : Événements familiaux · Événements de vie personnels · Évaluation subjective (hauts/bas).
  • Les symboles sont expliqués ci-dessous — naissance, décès, mariage, séparation, déménagement, maladie, événement particulier.
  • L'axe des années est mis à l'échelle selon l'âge — pour les client·e·s plus jeunes, une seule page suffit.
  • Bloc de notes pour les hypothèses et les schémas remarquables sur la deuxième page.
  • Avant toute utilisation productive : respecter la liste de contrôle d'adaptation et la sécurité face aux traumatismes (voir pages précédentes).

Client·e :   Année de naissance :   Date :

Années 0 – 50 · Événements familiaux

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Années 0 – 50 · Événements de vie personnels

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Années 0 – 50 · Hauts subjectifs (en haut) / Bas (en bas)

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Naissance
Décès
Mariage / Partenariat
Séparation / Divorce
Déménagement / Migration
Maladie / Opération
Emploi / Formation
Événement historique
Événement particulier

Années 50 – 100 · Événements familiaux

50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100

Années 50 – 100 · Événements de vie personnels

50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100

Années 50 – 100 · Hauts / Bas subjectifs

50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100

Concentrations remarquables · Années récurrentes · Anniversary Reactions

Hypothèses pour la prochaine séance


Liste de contrôle d'adaptation avant utilisation en pratique

☐ Le/la client·e est suffisamment stable pour le déroulement chronologique (phase de trauma 2+)
☐ Exercice de stabilisation disponible dans le répertoire — mobilisable en cas de déclenchement
☐ Numéros d'urgence pour les crises aiguës visibles (client·e + conseiller·e)
☐ Consentement RGPD signé AVANT le recueil
☐ Légende des symboles imprimée ou expliquée
☐ Année de naissance inscrite (l'axe s'adapte en conséquence)
☐ Holmes-Rahe utilisé UNIQUEMENT comme point de départ pour la conversation, pas comme test
☐ Évaluation subjective (hauts/bas) comme point de vue du/de la client·e, non comme diagnostic du/de la conseiller·e
☐ En cas de contexte multiculturel : compléter avec des catégories d'événements culturellement sensibles
☐ Lieu de stockage : local/chiffré
☐ Fin de séance : ré-orientation dans le ici-et-maintenant (exercice d'ancrage de clôture)
☐ Séance de suivi à programmer rapidement — le matériel peut continuer à agir

Sources et bibliographie complémentaire

  • McGoldrick, M. / Gerson, R. / Petry, S. (2020) : Genograms — Assessment and Treatment, 4e éd., W. W. Norton. Chapitres sur Family Chronologies / Family Life Timelines.
  • Holmes, T. H. / Rahe, R. H. (1967) : The Social Readjustment Rating Scale. Journal of Psychosomatic Research 11(2), 213-218. DOI / Semantic Scholar.
  • Hobson, C. J. et al. (2023) : The Social Readjustment Rating Scale — Updated and Modernised. PMC : PMC10727443. Révisé par les pairs, libre d'accès.
  • SimplyPsychology — Présentation SRRS (simplypsychology.org) — introduction de vulgarisation, utile pour des exemples didactiques.
  • Bowen, M. — The Bowen Center for the Study of the Family (thebowencenter.org) — Family Diagram & Chronology comme outil multigénérationnel combiné.
  • Schlippe, A. von / Schweitzer, J. : Lehrbuch der systemischen Therapie und Beratung I (Manuel de thérapie et de consultation systémiques, I), Vandenhoeck & Ruprecht — travail biographique-systémique.
  • Herman, J. (1992) : Trauma and Recovery. Basic Books. Modèle en trois phases de la thérapie du traumatisme.
  • Reddemann, L. : Imagination als heilsame Kraft (L'imagination comme force guérissante, Klett-Cotta). Techniques de stabilisation avant le matériel traumatique chronologique.
  • RGPD Art. 9 — Collecte de données sensibles (voir modèle séparé « dsgvo-einwilligung-muster »).

Pour une application clinique avec indication de traumatisme : qualification en thérapie du traumatisme requise. État méthodologique 2026-06-03.

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