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Que signifie « haute conflictualité » ?
Les familles hautement conflictuelles ne sont pas simplement des « familles particulièrement disputées » — elles présentent des schémas conflictuels qualitativement différents. Joan Kelly et d'autres chercheur·e·s décrivent trois caractéristiques. Premièrement, la persistance — les conflits se prolongent longtemps après la séparation, souvent des années durant. Deuxièmement, la dynamique d'escalade — des déclencheurs mineurs (rendez-vous déplacé, cadeau oublié) provoquent des réactions violentes totalement disproportionnées par rapport à la cause. Troisièmement, la triangulation des enfants — les enfants deviennent messagers, espions, alliés ou adversaires ; ils se retrouvent pris entre les parents et en subissent des dommages durables.
Les données de la recherche (Kelly & Emery 2003 ; scoping review récente 2025 ; études PMC sur les risques de TSPT) sont claires : ce n'est pas la séparation en elle-même, mais l'intensité du conflit après la séparation qui constitue le principal facteur de préjudice pour les enfants. Les enfants de familles séparées à l'amiable présentent à peine une charge accrue ; les enfants de familles séparées dans un contexte hautement conflictuel présentent des taux nettement élevés d'anxiété, de dépression, de troubles du comportement et, dans les cas graves, de symptômes post-traumatiques.
Il en découle pour le conseil : l'objectif premier n'est pas la réconciliation des parents (souvent irréaliste), mais la réduction de l'escalade et la mise à l'écart des enfants du conflit (« out of the middle » selon Kelly). Cela a des conséquences sur le cadre du premier contact — et c'est précisément l'objet de cette vorlage.
Contenu : Modèle de téléphone · Clarifications avant le rendez-vous · Cadre du premier contact (ensemble ou séparé ?) · Screening obligatoire sécurité et bien-être de l'enfant · Cadre juridique résumé · Clôture avec accords clairs · Six situations difficiles · FAQ · Note d'impression · Aide-mémoire pratique · Sources.
1. Le téléphone — le premier contact avant le premier contact
Dans un contexte de haute conflictualité, le travail commence souvent au téléphone — et beaucoup se décide déjà là. Qui appelle, ce que la personne dit du cadre, comment elle réagit aux questions structurées de relance, tout cela est diagnostiquement précieux. Prévoyez 15 à 25 minutes pour le téléphone — moins suffit rarement, plus long revient généralement à un conseil par téléphone, non facturé et non documenté.
Proposition de structure pour le téléphone.
Phase 1 — Qui appelle ? (3 min)
Noter le nom. Rôle dans la famille (père, mère, grands-parents, nouveau·elle partenaire, autre parent). Comment la personne a-t-elle trouvé le cabinet ? (Recommandation de qui ? Ordonné par le tribunal ?)
Phase 2 — Quelle est la situation ? (5–7 min)
« Pouvez-vous me dire en deux ou trois phrases de quoi il s'agit ? » — rester bref. Structurer activement : « Quel âge ont les enfants ? Depuis quand la séparation a-t-elle eu lieu ? Quel est le point de crise actuel ? »
Phase 3 — Clarifier le rôle et le mandat (5 min)
« Je suis conseiller·e, pas médiateur·trice et pas expert·e. Cela signifie : je suis d'un côté — le vôtre. Je ne peux pas décider à la place de l'autre parent et je ne peux pas fournir de déclaration à un tribunal. Est-ce que cela vous convient ? »
Si la personne attend une déclaration ou une expertise en matière de garde : la rediriger vers le service d'aide à la famille du tribunal ou vers un·e expert·e certifié·e. Cette clarification par téléphone évite de perdre la moitié d'un premier entretien.
Phase 4 — Screening de sécurité (3 min)
Directement, factuellement : « Avant de fixer un rendez-vous — y a-t-il eu ou y a-t-il de la violence physique, passée ou présente ? Du harcèlement ? Des menaces ? Actuellement ou pendant la période de séparation ? » Si oui : la médiation et les cadres communs sont contre-indiqués (voir section 3). Danger immédiat → numéro d'urgence violences faites aux femmes (08000 116 016), police (110), foyer d'accueil.
Phase 5 — Cadre et rendez-vous (3 min)
« Ma proposition serait la suivante : vous venez d'abord seul·e à un premier entretien. Nous clarifions ensemble ce dont vous avez besoin et comment nous allons procéder. Ce n'est qu'ensuite que nous déciderons si et comment l'autre parent sera impliqué. » — Fixer le rendez-vous. Aborder les honoraires ouvertement. Mentionner le contrat de conseil et le consentement RGPD lors du premier rendez-vous.
2. Avant le rendez-vous — Ce qui doit être clarifié
Avant que la personne entre dans la pièce, vous devriez avoir vérifié trois points.
Rôle et donneur·euse d'ordre. Qui a initié le conseil ? En cas de conseil volontaire, l'appelant·e est le/la donneur·euse d'ordre. En cas de conseil dans le contexte d'une obligation du tribunal aux affaires familiales ou en tant que participation selon l'article 36 SGB VIII (Code de la protection sociale allemand, loi VIII — plan d'aide), le donneur d'ordre formel est le service de protection de l'enfance ou le tribunal — la famille est client·e. Cette différence doit être clarifiée dans le contrat.
Procédures et décisions en cours. Existe-t-il une procédure familiale judiciaire en cours ? Y a-t-il déjà des décisions de garde ou de droit de visite ? Existe-t-il une procédure selon l'article 8a SGB VIII (mise en danger du bien-être de l'enfant) ? D'autres acteurs sont-ils impliqués (service de protection de l'enfance, représentant·e de procédure, aide à la famille du tribunal) ? Demander à la personne, lui demander d'apporter des copies, prendre ses propres notes.
Propres limites. Ai-je la qualification nécessaire pour ce cas ? Le conseil en situation de haute conflictualité requiert des compétences spécifiques (conseil en séparation systémique, formation préalable en protection de l'enfance). En cas de violence aiguë : ne pas conseiller soi-même, mais orienter vers un centre de conseil pour femmes/hommes, un foyer d'accueil, un conseil spécialisé. En cas de parents très fragilisés psychiquement : envisager un co-conseil avec un·e psychothérapeute.
Ce qui est préparé par écrit avant le rendez-vous.
- Contrat de conseil avec description claire du rôle (« conseil, pas médiation, pas expertise »)
- Consentement RGPD avec mention explicite : « En cas d'indices sérieux de mise en danger du bien-être de l'enfant, une information au service de protection de l'enfance peut intervenir conformément à l'article 4 KKG (loi allemande sur la coopération et l'information en matière de protection de l'enfance) — procédure graduée, dans la mesure du possible avec implication des parents. »
- Information sur les honoraires avec mention des honoraires d'annulation
- Propre description de la démarche sur une demi-page (« Comment je travaille ») — peut être remise lors du premier entretien
3. Décision de cadre — Ensemble ou séparé ?
La décision de cadre la plus importante lors du premier contact en situation de haute conflictualité : qui est présent dans la pièce ?
Recommandation standard : premiers entretiens séparés. Il existe de bonnes raisons professionnelles de ne pas commencer avec les deux parents ensemble dans un contexte de haute conflictualité. Dans un cadre commun, la dispute relationnelle reprend dans les dix premières minutes ; le premier entretien devient un affrontement public ; le/la conseiller·e doit jouer l'arbitre et perd immédiatement la relation de conseil avec au moins l'un des participant·e·s.
Par conséquent : deux premiers entretiens séparés, puis une décision éclairée sur le cadre ultérieur. Cela demande plus de temps, mais c'est généralement la seule façon d'établir une relation de conseil solide avec les deux parents.
Exception : Si les deux parents ont déjà suivi une médiation ou une aide à la famille et cherchent une remise à zéro de conseil peu contraignante, un premier entretien commun peut fonctionner — avec une règle d'entrée claire (pas de reproches, pas d'anciennes histoires, uniquement le présent et l'avenir). Vérifier le cadre après 15 minutes.
Contre-indications aux cadres communs (même après des premiers entretiens séparés) :
- Violence domestique avérée ou décrite de manière crédible
- Harcèlement, menaces, interdiction d'approche
- Asymétrie massive de pouvoir et de capacité d'expression
- Une partie en crise psychique massive (aiguë, non stabilisée)
- Une partie en situation de dépendance aiguë
- Procédure de protection contre la violence en cours
En présence d'une de ces situations : cadres exclusivement séparés. En cas de violence, renvoi supplémentaire vers des centres de conseil spécialisés (foyer d'accueil pour femmes, ligne d'aide pour hommes, conseil spécialisé en violence).
Enfants lors du premier entretien — presque jamais. Lors du premier contact avec les parents, les enfants ne sont en principe pas impliqués. Si les enfants doivent être entendus, cela se fait dans un cadre séparé, à un moment ultérieur, avec une préparation adaptée à leur âge. Amener les enfants au premier entretien revient à en faire du matériel de conflit — cela viole le principe « out of the middle ».
4. Screening obligatoire — Sécurité et bien-être de l'enfant
Tout premier contact en situation de haute conflictualité doit comporter un screening structuré. Il ne s'agit pas d'un interrogatoire, mais d'un devoir de diligence. Les client·e·s comprennent cela si cela leur est présenté comme tel.
Introduction du screening. « Avant d'approfondir le sujet, je vais passer brièvement en revue quelques questions que je pose systématiquement lors de ce type de conseil. Il s'agit de la sécurité de toutes les personnes concernées — vous, l'autre parent et surtout les enfants. Cela vous convient-il ? »
Bloc de screening A — Violence domestique.
- « Y a-t-il eu ou y a-t-il des affrontements physiques ? »
- « Qui a commencé, qui a fait monter les tensions ? »
- « Les enfants étaient-ils présents ou l'ont-ils appris ? »
- « Y a-t-il des interventions de police, des certificats médicaux, des plaintes ? »
- « Actuellement ou avant la séparation ? »
Bloc de screening B — Charge psychique.
- « Y a-t-il chez vous ou chez l'autre parent des maladies psychiques actuelles, traitées ou non traitées ? »
- « Consommation de substances — alcool, médicaments, autres substances ? »
- « Pensées suicidaires — chez vous, chez l'autre parent, dans le passé ou actuellement ? »
Bloc de screening C — Bien-être de l'enfant.
- « Comment vont les enfants en ce moment ? École, sommeil, alimentation, comportement ? »
- « Les enfants vivent-ils les conflits directement ? Sont-ils utilisés comme messagers ? »
- « Un enfant a-t-il fait une déclaration concernant des violences, une négligence, des abus sexuels ? »
- « Existe-t-il des avis de la crèche, de l'école, du/de la médecin de famille ? »
Que faire en cas d'indices de mise en danger du bien-être de l'enfant. L'article 8a SGB VIII oblige, en présence d'« indices sérieux », à procéder à une évaluation du danger. Les conseiller·e·s relevant de l'article 4 KKG (tous les professionnel·le·s soumis·es au secret professionnel travaillant avec des familles) disposent d'un droit de consultation auprès d'un·e professionnel·le expérimenté·e en la matière (insoFa). La procédure graduée :
1. Documenter sa propre évaluation
2. Consultation avec insoFa (anonymisation possible)
3. Tentative d'impliquer les parents dans l'élimination du danger
4. En cas d'échec ou de danger immédiat : information au service de protection de l'enfance
5. Danger immédiat : parallèlement police, service de garde médicale
Cette gradation doit être rendue transparente dans le contrat de conseil. Les parents ont le droit de savoir ce qui se passe en cas de soupçon de mise en danger du bien-être de l'enfant.
5. Cadre juridique résumé
Le cadre juridique fait partie du métier dans un contexte de haute conflictualité. Les conseiller·e·s doivent connaître trois domaines — ils·elles n'ont pas besoin de les connaître par cœur dans les détails, mais en comprendre la logique.
Art. 8a SGB VIII — Mission de protection en cas de mise en danger du bien-être de l'enfant. En présence d'indices sérieux de danger, procédure graduée avec insoFa. S'applique directement aux acteurs de l'aide à la jeunesse et à toutes les personnes travaillant dans le contexte de l'aide publique à la jeunesse. Les conseiller·e·s indépendant·e·s sont intégré·e·s via l'article 4 KKG.
Art. 4 KKG (loi allemande sur la coopération et l'information en matière de protection de l'enfance — KKG). Les professionnel·le·s soumis·es au secret professionnel (y compris les conseiller·e·s indépendant·e·s) disposent d'un droit de consultation avec insoFa et d'un droit gradué à informer le service de protection de l'enfance — dans la mesure du possible avec implication des parents.
Art. 1684 BGB (Code civil allemand — BGB). Les deux parents ont le droit et l'obligation d'entretenir un contact avec l'enfant. À recueillir lors du premier contact : réglementations de contact existantes, refus de contact, réglementations de remise.
Art. 1666 BGB — Mesures du tribunal aux affaires familiales en cas de danger. Lorsque le tribunal aux affaires familiales intervient dans la famille (retrait de la garde, tuteur·trice complémentaire, représentant·e de procédure), le rôle du conseil doit être défini différemment que lors d'un conseil volontaire.
Art. 203 StGB (Code pénal allemand — StGB). Protégé pénalement pour les professions agréées ; contractuellement pour les conseiller·e·s indépendant·e·s. En cas d'état de nécessité justifiant (art. 34 StGB) — danger imminent pour soi-même ou autrui — la violation est autorisée, la mise en balance des intérêts doit être documentée.
Clarification des rôles dans le contrat. Au plus tard dans le contrat de conseil, idéalement déjà par téléphone, clarifier :
- Conseil — le/la conseiller·e travaille avec une ou les deux parties, n'a pas compétence pour se prononcer devant le tribunal, ne donne pas de recommandation sur la garde.
- Médiation — le/la médiateur·trice intervient entre les deux parties, est neutre, possède une formation spécifique en médiation. Contre-indiqué en cas de violence.
- Droit de visite accompagné — service spécialisé distinct, souvent rattaché au service de protection de l'enfance.
- Aide à la famille du tribunal / représentant·e de procédure — désigné·e par le tribunal, rend des avis.
- Expertise — mandatée par le tribunal, qualification spécifique requise, règles formelles strictes.
Qui confond les rôles nuit à toutes les parties concernées — et à lui·elle-même, car la responsabilité professionnelle ne couvre souvent pas le dépassement de rôle.
6. Clôture avec accords clairs
À la fin du premier contact, trois points doivent être établis noir sur blanc — sinon des malentendus surgiront lors des contacts suivants, malentendus qui peuvent rapidement s'emballer dans un contexte de haute conflictualité.
1. Quel est mon mandat ? Formulé concrètement en une phrase, confirmé oralement ou par écrit par le/la donneur·euse d'ordre. Exemple : « Vous souhaitez que je vous accompagne au cours des trois prochains mois dans le développement de stratégies de communication pour les situations de remise. »
2. Quelles sont les règles de la collaboration ?
- Qui sera informé (service de protection de l'enfance, avocat·e) ?
- Quand l'autre parent peut-il·elle apprendre quelque chose ?
- Comment gérons-nous les déclarations concernant l'enfant ou l'autre parent ?
- Que se passe-t-il si vous souhaitez venir à deux (avec l'autre parent) ?
- Que se passe-t-il en cas de menace, de violence, d'escalade aiguë ?
3. Comment cela se passe-t-il concrètement ?
- Quand est le prochain rendez-vous ?
- Que faites-vous d'ici là ? (petite tâche d'observation réalisable)
- Que faites-vous en cas d'urgence ? (numéros de crise, joignabilité propre, clarification des limites)
Six situations difficiles typiques
Situation 1 — Les deux parents appellent indépendamment l'un de l'autre
Tous deux ignorent l'existence de l'appel de l'autre et tous deux souhaitent un conseil. Recommandation : conseiller une personne, rediriger l'autre. « Je suis déjà en contact avec l'autre parent — par souci professionnel, je ne peux pas conseiller les deux. Je vous oriente vers [collègue / centre de conseil]. » La propre relation de conseil reste claire, pas de conflits de loyauté.
Situation 2 — Le/la client·e souhaite une déclaration pour le tribunal
« Pouvez-vous écrire ce que je vous ai raconté afin que je puisse le montrer au tribunal ? » — Non. La confidentialité du conseil et les déclarations judiciaires s'excluent mutuellement. Expliquer clairement : « Je ne suis pas expert·e. Pour une déclaration au tribunal, vous devriez vous adresser au service d'aide à la famille du tribunal — ou le tribunal désignera un·e expert·e. » En cas de doute, renvoyer le/la mandant·e au contrat et à la clarification des rôles.
Situation 3 — L'autre parent appelle directement au cabinet pour se plaindre
Cela arrive fréquemment. Réponse standard : « Je ne peux pas confirmer si quelqu'un est en consultation chez moi. Si vous avez vous-même une demande de conseil, je peux vous recommander des collègues. » Respecter le secret professionnel. Informer le/la propre client·e de l'incident lors du prochain rendez-vous, en toute transparence.
Situation 4 — Le/la client·e formule de graves accusations contre l'autre parent
« Il/elle abuse de l'enfant / bat l'enfant / est toxicomane… » Étapes : (1) écouter, valider, ne pas relativiser (« Cela semble très éprouvant ») ; (2) approfondir — qu'observez-vous concrètement, d'où le savez-vous, qui d'autre est au courant ; (3) screening obligatoire du bien-être de l'enfant ; (4) discuter avec le/la client·e si/comment le service de protection de l'enfance ou l'insoFa doit être impliqué·e ; (5) en cas d'indices plausibles de mise en danger du bien-être de l'enfant, procédure graduée selon l'art. 8a SGB VIII / art. 4 KKG. Ne jamais intégrer des accusations non vérifiées comme des faits dans sa propre documentation — formuler « Le/la client·e rapporte que … ».
Situation 5 — Le/la client·e menace de se faire du mal ou d'en faire à l'enfant
Danger immédiat pour soi-même ou pour autrui. Immédiatement : (1) ralentir le rythme, rester présent·e ; (2) questionner concrètement — plan, moyens, moment ; (3) expliquer le cadre de la violation du secret professionnel selon l'art. 34 StGB ; (4) en cas d'autodanger : service de garde médicale (116 117), en cas de suicidalité aiguë numéro d'urgence (112) ou urgences psychiatriques ; (5) en cas de danger pour l'enfant : parallèlement insoFa, service de protection de l'enfance, en cas d'urgence police (110). Supervision ensuite.
Situation 6 — Le/la client·e souhaite faire un enregistrement audio ou divulguer des échanges de mails
Les enregistrements clandestins sont punissables en Allemagne (art. 201 StGB) ; les enregistrements ouverts avec consentement sont autorisés. Si le/la client·e apporte ses propres enregistrements / mails contenant du matériel compromettant — ne pas les intégrer sans réflexion. Les échanges de mails relèvent du droit à la personnalité de l'autre parent — le conseil ne devrait pas devenir un lieu de traitement de preuves. Raisonnable : écouter le contenu, ne pas l'intégrer au dossier.
FAQ — Six questions centrales issues de la pratique
1. Que faire si l'un des parents dit que l'autre est « malveillant » ou « manipulateur » ?
Dans les familles hautement conflictuelles, l'autre parent est souvent décrit comme « le/la manipulateur·trice ». Cette étiquette est diagnostiquement sans valeur — il ne s'agit pas d'attribution de faute, mais de la dynamique relationnelle. Avec prudence : « Qu'est-ce que vous décrivez concrètement ? Quand cela s'est-il produit pour la dernière fois ? » — ralentir le récit sans pathologiser.
2. Dois-je me conformer aux décisions judiciaires ou exercer mon propre jugement ?
Les décisions judiciaires sont contraignantes. Qui s'en affranchit dans le conseil — par exemple en encourageant un·e client·e à refuser une décision de droit de visite — s'aventure sur un terrain glissant. Les décisions contestées doivent être modifiées par voie juridique, pas par le conseil. Sa propre appréciation professionnelle peut figurer dans une déclaration séparée au/à la mandant·e, pas au tribunal.
3. Que faire si les deux parents ont formellement la garde partagée, mais qu'un seul est en consultation ?
En cas de garde partagée, les décisions d'importance considérable (thérapie des enfants, changement d'école) requièrent l'accord des deux parents. Le conseil des parents eux-mêmes n'est pas concerné. Si l'enfant doit être impliqué lors du premier contact, il vous faut le consentement des deux parents ayant la garde — sinon, ne pas commencer.
4. Que faire si je réalise que le cas est « trop lourd » pour moi ?
Fréquent dans le domaine de la haute conflictualité. Options : chercher une supervision ; co-conseil avec un·e collègue expérimenté·e ; orientation vers un centre de conseil spécialisé (par exemple Bundeskonferenz für Erziehungsberatung — bke). Ne jamais continuer en s'épuisant — la clientèle en haute conflictualité déborde systématiquement, ce n'est pas un échec personnel.
5. Comment documenter dans un contexte de haute conflictualité ?
De manière factuelle, datable, observable. Toujours marquer les déclarations du/de la client·e comme telles (« Le/la client·e rapporte que … »), et non comme des faits. Éviter les jugements de valeur. Hypothèses propres à part. En cas de mandatement judiciaire ultérieur, les dossiers peuvent être requis — ce qui y figure devient alors visible. Durée de conservation selon la profession (pour les conseiller·e·s indépendant·e·s, souvent 3 ans après la fin du conseil, pour les professions de santé 10 ans).
6. Que faire si, à la fin d'un premier contact, je pense que l'un·e des client·e·s ment ?
Dans un contexte de haute conflictualité, la présomption de vérité n'est pas l'outil approprié. Les récits sont des constructions — les deux parties ont souvent une image en interne cohérente, mais nettement différente de la famille. Les conseiller·e·s n'ont pas à trancher. Ils·elles peuvent travailler avec les deux versions sans en tenir une pour « la vérité ». En cas de soupçon de fausse accusation contre l'autre parent (notamment dans le contexte d'abus sexuels) : supervision, éventuellement orienter vers un conseil spécialisé.
Aide-mémoire téléphonique à emporter
Les pages suivantes contiennent du matériel imprimable pour le premier contact téléphonique. Vous pouvez poser ces pages à côté de l'appareil et y noter des mots-clés pendant l'appel.
- Page 1 — Script téléphonique avec lignes de notes pour les cinq phases.
- Page 2 — Checklist « Avant le rendez-vous » et aperçu des centres de crise et de conseil (mise à jour 2026).
- Les explications relatives à chaque point se trouvent dans les pages précédentes.
1. Qui appelle ?
Nom / Rôle dans la famille / Comment a-t-il·elle trouvé le cabinet ?
2. Quelle est la situation ?
De quoi s'agit-il ? Âge des enfants ? Séparation depuis quand ? Point de crise actuel ?
3. Rôle / Mandat
- ☐ Attente : conseil libre
- ☐ Attente : médiation
- ☐ Attente : expertise / déclaration
- ☐ Mandat du service de protection de l'enfance / tribunal ?
Clarification des rôles effectuée : « Je suis conseiller·e, pas médiateur·trice, pas expert·e. Je suis de votre côté. »
4. Screening de sécurité — obligatoire
- ☐ Violence physique (passée / présente) ?
- ☐ Harcèlement, menaces, interdiction d'approche ?
- ☐ Pensées suicidaires chez un parent ?
- ☐ Problème de substance / dépendance ?
- ☐ Indices de mise en danger du bien-être de l'enfant ?
En cas de violence : AUCUN cadre commun. Renvoi vers l'aide aux femmes/hommes voir page 2.
5. Rendez-vous et accord
Rendez-vous / Cadre (individuel / séparé d'abord) / Honoraires / Mention du contrat
Avant le rendez-vous — ce qui doit être clarifié
- ☐ Donneur·euse d'ordre clarifié·e (volontaire / service de protection de l'enfance / tribunal) ?
- ☐ Décisions familiales judiciaires en cours recensées ?
- ☐ Autres acteurs impliqués (représentant·e de procédure, aide à la famille du tribunal) ?
- ☐ Propre qualification adaptée au cas ?
- ☐ Contrat de conseil avec clarification des rôles préparé ?
- ☐ Consentement RGPD avec mention de l'art. 4 KKG préparé ?
- ☐ Contact supervision / insoFa noté ?
Centres de crise et de conseil (mise à jour 2026)
- Urgences (Police) 110
- Urgences (Secours / Pompiers) 112
- Service de garde médicale 116 117
- Ligne d'aide violences faites aux femmes 08000 116 016
- Ligne d'aide pour hommes victimes de violence 0800 123 9900
- Numéro contre la détresse (enfants & jeunes) 116 111
- Téléphone des parents (Numéro contre la détresse) 0800 111 0 550
- Ligne d'aide abus sexuels 0800 22 55 530
- Téléconseil psychologique 0800 111 0 111
- Bundeskonferenz für Erziehungsberatung (bke) bke.de
- Service local de protection de l'enfance — Service social général — à compléter —
- Professionnel·le expérimenté·e en la matière (insoFa) — personnel — à compléter —
Notes personnelles
Sources et bibliographie complémentaire
- Kelly, Joan B. & Emery, Robert E. (2003) : Children's Adjustment Following Divorce — Risk and Resilience Perspectives. Family Relations 52(4). Vue d'ensemble fondamentale des facteurs de risque et de protection chez les enfants de parents séparés.
- Kelly, Joan B. (2007) : Children's Living Arrangements following Separation and Divorce. Données empiriques sur les modes de garde.
- PMC (2022) : Healing the Separation in High-Conflict Post-divorce Co-parenting. Peer-reviewed ; aperçu actuel des interventions.
- PMC : Parental Conflicts and Posttraumatic Stress of Children in High-Conflict Divorce Families. Recherche sur les risques de TSPT.
- Tandfonline (2025) : Interventions in High-Conflict Divorces/Separations from Children's Perspective — Scoping Review. État actuel de la recherche.
- Art. 8a SGB VIII — Mission de protection en cas de mise en danger du bien-être de l'enfant ; procédure graduée avec professionnel·le expérimenté·e en la matière (gesetze-im-internet.de).
- Art. 4 KKG (loi sur la coopération et l'information en matière de protection de l'enfance) — Habilitation et gradation pour les professionnel·le·s soumis·es au secret professionnel.
- Art. 1684 BGB — Droit de contact des deux parents ; à recueillir lors du premier contact.
- Art. 1666 BGB — Mesures du tribunal aux affaires familiales en cas de danger.
- Art. 203 StGB — Secret professionnel protégé pénalement (professions limitativement énumérées).
- Art. 34 StGB — État de nécessité justifiant comme fondement de la violation du secret professionnel en cas de danger immédiat.
- Art. 201 StGB — Caractère punissable des enregistrements audio clandestins.
- Bayerisches Landesjugendamt (2022) : Recommandations professionnelles art. 8a SGB VIII. Standards procéduraux de mise en danger du bien-être de l'enfant (blja.bayern.de).
- Bundeskonferenz für Erziehungsberatung (bke) : Protection de l'enfance et conseil. Guide pratique ; bke.de.
- Fachstelle Kinderschutz : Procédure selon l'art. 8a SGB VIII — séquence opérationnelle des étapes (fachstelle-kinderschutz.de).
- DGSF : Position de l'association sur la réforme du SGB VIII et sur les questions de politique familiale, jeunesse et sociale (dgsf.org).
- DGSF (2003) : Distanciation de la DGSF des mises en constellation familiales selon Hellinger — contraignante pour les membres. Les méthodes Hellinger / de mise en constellation dans un contexte de haute conflictualité ne sont pas défendables sur le plan professionnel.
Sources mises à jour le 2026-06-03. Cette vorlage ne remplace PAS une formation spécialisée en travail avec les familles en haute conflictualité. Formations disponibles notamment à la DGSF, à la bke et dans les instituts régionaux de conseil familial.