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Guide pour le premier entretien — Génogramme

Guide structuré en 2 pages pour le premier entretien avec les client·e·s, qui cadre avec délicatesse l'introduction du génogramme comme outil et permet une première esquisse sur trois générations.

Format: PDF Version: 1.0 Mise à jour: 2026-06-03 Licence: CC BY 4.0 Langue: DE

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À quoi sert ce guide ?

Le premier entretien est le moment décisif. En 45 à 90 minutes, il se détermine si une relation d'accompagnement solide peut s'établir, si la demande peut être traitée de manière appropriée et si le ou la client·e reviendra. La recherche et la pratique s'accordent : ce qui ne réussit pas lors du premier entretien — le joining, la clarification de la demande, la base des hypothèses — sera laborieusement rattrapé dans les séances suivantes, ou ne le sera plus du tout.

Le premier entretien systémique se distingue de celui d'autres approches sur quatre points : premièrement, le contexte avant la personne — avant de comprendre le symptôme, il faut clarifier les relations, les rôles et les mandats dans l'environnement. Deuxièmement, l'hypothétisation comme posture — le ou la conseiller·e développe dès le début des hypothèses provisoires plutôt que de chercher un diagnostic. Troisièmement, le regard multigénérationnel — les thèmes sont placés dans leur contexte biographique et familial ; c'est là qu'intervient le génogramme. Quatrièmement, la clarification du mandat comme tâche centrale obligatoire — qui est le ou la mandant·e, qui est le ou la client·e, quelle est la demande concrète et à quoi mesurera-t-on le succès ?

Ce guide s'inspire de Schlippe/Schweitzer (modèle de Heidelberg), de Karl Tomm (Interventive Interviewing) et de l'école de Milan (hypothétisation, circularité, neutralité). Il propose trois scripts d'entrée alternatifs pour différents profils de client·e·s, des formulations de transition sélectionnées, une liste de contrôle pour l'autoréflexion après l'entretien et un aide-mémoire pratique de 2 pages à emporter en séance.

Contenu : Préparation & cadre · Trois scripts d'entrée alternatifs · Transition vers le recueil du génogramme · Clôture & suivi · Six situations difficiles typiques · Autoréflexion · FAQ · Consignes d'impression · Aide-mémoire pratique · Sources.


1. Préparation — matériel, cadre, fenêtre temporelle

La demi-heure précédant le rendez-vous détermine souvent le déroulement de l'entretien. Qui insère précipitamment un premier entretien entre deux séances le signale dès les 30 premières secondes : agitation, attention dispersée, absence de préparation. Les client·e·s le perçoivent — et cela produit parfois l'effet « la personne était sympathique, mais ne semblait pas tout à fait faite pour moi ».

Fenêtre temporelle. Prévoyez 60 minutes pour l'entretien proprement dit, plus 15 minutes de préparation en amont et 15 minutes de suivi en aval. Soit un bloc de 90 minutes au total, dont une seule heure se déroule en présence du ou de la client·e. Qui ne prend pas ce rapport au sérieux se prive de l'outil le plus important du travail systémique : la distance réflexive.

Matériel sur la table.

  • Formulaire de consentement RGPD (modèle séparé) — imprimé, prêt à être signé
  • Contrat d'accompagnement ou information sur les honoraires sous forme écrite
  • Grande feuille de papier (A3 ou deux A4 en paysage) et deux stylos de couleurs différentes — pour la première esquisse de génogramme
  • Bloc-notes pour les propres mots-clés, séparé de la perspective du ou de la client·e
  • Agenda / carnet de rendez-vous — pour fixer immédiatement la prochaine séance
  • Verre d'eau pour les deux parties

Aménagement de l'espace.

  • Deux chaises à 90° (ni face à face — cela donne l'impression d'un interrogatoire ; ni côte à côte — cela empêche le contact visuel). Hauteur identique. Table petite et latérale, pas entre les chaises.
  • Porte bien fermée. Téléphone en mode silencieux — y compris le sien. En cas de séance en ligne : casque avec microphone, arrière-plan calme, mur neutre.
  • Pour un entretien en couple ou en famille : suffisamment de places assises, sans répartition « adultes vs enfants ». Prévoir du matériel adapté à l'âge des enfants (crayons, pâte à modeler).

Avant d'entrer. Trois respirations profondes. Se poser intérieurement la question : « Que sais-je de cette personne ? Que ne sais-je pas ? » N'avoir que le nom et une vague idée du motif est normal — et c'est bien ainsi. Une recherche préalable trop détaillée peut entraver le joining, car le ou la conseiller·e tend alors à travailler vers une hypothèse préconçue au lieu d'écouter.

Vérification rapide avant l'entretien : Suis-je présent·e ? Ai-je de l'eau ? Le matériel est-il complet ? Y a-t-il quelque chose de personnel qui traîne et n'a pas sa place ici ? Si oui : le ranger.


2. Trois scripts d'entrée alternatifs

Il n'existe pas une seule entrée correcte. Les client·e·s arrivent avec des besoins différents : certain·e·s veulent se lancer immédiatement et tout raconter, d'autres ont besoin de structure pour ne pas se perdre. Certain·e·s viennent avec une demande concrète, d'autres avec le vague sentiment que « ça ne va pas ». Le choix de l'entrée doit correspondre au profil du ou de la client·e et à la situation de la demande.

Voici trois scripts éprouvés. Chaque script suit un déroulement en phases clair d'environ 45 minutes, avec des formulations de transition pour les passages délicats et un cas d'application typique.

ScriptQuand l'utiliser ?Question centrale
A — Arc de croissanceClient·e ouvert·e, demande vague, pas de pression immédiate« Et si cela réussissait ? »
B — Plan par étapesClient·e en besoin de structure, sujet concret, contrainte de temps« Quelle est la première étape concrète ? »
C — Question d'ancrageCrise, charge émotionnelle élevée, risque de débordement« Qu'est-ce qui vous tient en ce moment ? »

### Script A — L'arc de croissance (orienté solution/ressources)

Adapté aux client·e·s qui viennent avec un désir général de changement, mais dont la demande est encore floue. Inspiré de la thérapie brève orientée solution (de Shazer/Berg) et du modèle de Heidelberg.

Phase 1 (5 min) — Joining et cadrage

« Je suis content·e que vous soyez là. Avant de commencer, je vous dis brièvement deux choses sur le cadre : nous avons une heure aujourd'hui. Je vais d'abord vous écouter, poser quelques questions çà et là, et à la fin nous réfléchirons ensemble si et comment nous souhaitons continuer. Tout ce que vous dites reste entre nous — la clause de confidentialité figure sur le formulaire que nous allons signer ensemble. Et : vous dictez le rythme. Est-ce que cela vous convient ? »

Phase 2 (8 min) — Recueil de la demande

« Qu'est-ce qui vous a amené·e ici aujourd'hui ? » — puis écouter sans interrompre. Si le ou la client·e hésite : « Prenez le temps qu'il vous faut. Je note quelques mots-clés. »

Phase 3 (8 min) — Ouverture vers l'objectif

« Imaginez que nous nous retrouvions dans six mois et que vous disiez : "Quelque chose a vraiment changé." À quoi le verriez-vous ? Qu'est-ce qui serait différent dans votre quotidien — le matin, au travail, le soir ? »

Phase 4 (10 min) — Inventaire des ressources

« Qu'est-ce qui a déjà fonctionné dans votre vie lorsque les choses étaient difficiles ? Qui est à vos côtés aujourd'hui — famille, ami·e·s, collègues ? Comment avez-vous réussi à arriver jusqu'ici ? »

Phase 5 (10 min) — Transition vers le génogramme

« Ce que vous venez de décrire — la relation avec votre mère, la configuration avec vos frères et sœurs — j'aimerais bien le représenter. Cela s'appelle un génogramme, c'est une sorte de carte de la famille. Cela nous permettra de mieux voir les schémas que vous décrivez. Puis-je ? »

Phase 6 (4 min) — Clôture

« Que retenez-vous d'aujourd'hui ? Quelle serait la prochaine étape pour vous — même si nous ne devions pas nous revoir ? » Fixer le prochain rendez-vous. Signer les honoraires/contrat.

Adaptation : Pour les client·e·s très réservé·e·s, omettre la phase 3 et prolonger la phase des ressources. Pour les client·e·s très prolixes, structurer activement la phase 2 après 12 min (« J'entends trois thèmes — lequel est le plus important pour aujourd'hui ? »).

### Script B — Le plan par étapes (orienté structure)

Adapté aux client·e·s qui apportent un problème clairement défini et attendent un accompagnement pragmatique. Plus proche du travail bref orienté solution, avec une structure de phases claire.

Phase 1 (3 min) — Accueil avec agenda

« Bonjour. Je vous propose de procéder ainsi aujourd'hui : d'abord nous clarifions brièvement ce qui vous amène ici. Ensuite nous regardons ce que vous souhaitez concrètement atteindre. Et à la fin nous convenons de la suite. Le tout en une heure. Cela vous convient-il ? »

Phase 2 (10 min) — Définition du problème

« Décrivez-moi le problème aussi concrètement que possible. Quand est-il apparu pour la première fois ? Dans quelles situations se manifeste-t-il ? Qui en est affecté ? »

Phase 3 (8 min) — Tentatives antérieures

« Qu'avez-vous déjà essayé ? Qu'est-ce qui a aidé — même un peu ? Qu'est-ce qui n'a pas du tout fonctionné ? »

Phase 4 (10 min) — Objectif et critère de réussite

« Lorsque nous arriverons au terme de notre travail — à quoi verriez-vous que cela en valait la peine ? Le plus concrètement possible : que feriez-vous, que remarqueraient les autres ? »

Phase 5 (10 min) — Transition vers le génogramme comme outil de diagnostic

« Avant de planifier des étapes, nous devrions comprendre le contexte. Les configurations familiales conditionnent la manière dont nous abordons un sujet. J'aimerais dessiner avec vous un génogramme — une sorte d'arbre généalogique enrichi de lignes relationnelles. Cela nous aide à comprendre le schéma dans lequel votre problème s'inscrit. Cela prend environ 20 minutes. »

Phase 6 (4 min) — Première étape

« Quelle serait la toute première étape ? Que pourriez-vous faire avant notre prochaine séance ? Quelle étape serait suffisamment petite pour être réaliste, mais suffisamment grande pour faire bouger quelque chose ? » Fixer le prochain rendez-vous.

Adaptation : Si le ou la client·e mentionne plusieurs problèmes simultanément, faire établir explicitement une priorité en phase 2 : « Qu'est-ce qui doit partir en premier pour que le reste devienne supportable ? »

### Script C — La question d'ancrage (stabilisation en situation de crise)

Adapté aux client·e·s en crise ou sous forte charge émotionnelle — séparation, deuil, conflit aigu, antécédents de pensées suicidaires. Ici, le premier entretien vise avant tout la stabilisation, non la structuration. La vue d'ensemble et la sécurité priment sur le contenu.

Phase 1 (3 min) — Laisser arriver

« Asseyez-vous. Respirez. Il n'y a personne après vous — vous pouvez rester le temps qu'il vous faut. Voulez-vous un verre d'eau ? »

Phase 2 (5 min) — Question d'ancrage

« Avant de parler de ce qui est difficile : qu'est-ce qui vous tient en ce moment ? Qu'est-ce qui vous a fait vous lever ce matin ? Qui ou quoi vous donne un appui — même si ce n'est qu'un fil ténu ? »

Phase 3 (5 min) — Évaluation de la sécurité (toujours !)

« Je pose cette question systématiquement dans ce type de situation : avez-vous actuellement des pensées de vous faire du mal ? De vous blesser ? De mettre fin à vos jours ? » — Si oui : préciser (plan ? moyen ? échéance ?). Mode crise (voir section 6).

Phase 4 (15 min) — Laisser raconter le présent

« Racontez-moi ce qui se passe en ce moment. Pas toute l'histoire — juste ces derniers jours. Qu'est-ce qui est le plus difficile ? »

Phase 5 (10 min) — Ressources et réseau

« Qui est au courant ? Qui est à vos côtés ? Y a-t-il quelqu'un à qui vous allez raconter aujourd'hui encore que vous êtes venu·e ici ? »

Phase 6 (10 min) — Génogramme EN OPTION

Le génogramme dans cette séance uniquement si le ou la client·e est visiblement stabilisé·e et manifeste un intérêt. Sinon, reporter à la séance suivante. À la place : « Nous nous connaissons un peu maintenant. À la prochaine séance, nous examinerons ensemble votre famille plus en détail. Aujourd'hui, l'objectif est que vous repartiez d'ici avec le sentiment : il y a un plan pour les prochains jours. »

Phase 7 (5 min) — Plan concret pour les 48 prochaines heures

« Que faites-vous ce soir ? Qui voyez-vous demain ? Si cela devient vraiment très difficile — qui appelez-vous ? » — Faire noter les contacts d'urgence, clarifier sa propre disponibilité, prévoir si nécessaire un prochain rendez-vous rapproché.

Important : Le script C ne remplace pas une intervention de crise par un·e professionnel·le qualifié·e. En cas de suicidalité aiguë, de danger pour soi-même ou pour autrui, orienter immédiatement vers le service médical de garde, le numéro d'urgence (15 ou 112) ou les urgences psychiatriques. Dans ces cas, la clause de confidentialité cède devant l'état de nécessité justificatif selon § 34 StGB (Code pénal allemand) — la pesée des intérêts doit être documentée.


3. Transition vers le recueil du génogramme

La transition est le moment le plus délicat. L'entretien était en plein flux, et voilà qu'il faut soudainement des dates de naissance, des liens de parenté et des histoires familiales. Qui rate cette transition signale : « Voici maintenant la partie administrative. » Le génogramme perd sa force d'outil de réflexion et devient un questionnaire.

Trois formulations de transition éprouvées.

Variante 1 — en continuité

« Vous venez de raconter quelque chose d'intéressant — que votre mère et votre sœur ne se comprennent plus depuis le décès de votre père. On voit souvent de tels schémas seulement quand on a la famille sous les yeux. Puis-je dessiner avec vous une carte de la famille ? On appelle cela un génogramme. Cela prend environ 20 minutes. »

Variante 2 — méthodologique

« Dans mon travail, j'utilise une méthode particulière : le génogramme. C'est une sorte d'arbre généalogique qui contient non seulement des dates, mais aussi les qualités relationnelles, les conflits et les liens. Trois générations suffisent généralement. Je vous pose des questions et je dessine — vous pouvez interrompre ou corriger à tout moment. Prêt·e ? »

Variante 3 — à faible seuil

« J'aimerais mieux connaître votre famille. Pas dans le sens de "qu'ont-ils tous fait" — mais simplement qui est là. Parents, frères et sœurs, enfants, peut-être aussi les grands-parents. Puis-je dessiner au fur et à mesure que vous racontez ? »

Ce qui appartient au génogramme lors du premier entretien.

  • Trois générations : le ou la client·e (ego), parents et fratrie, grands-parents. Pour les parents : mentionner brièvement leurs frères et sœurs. Aller au-delà n'est pas réalisable lors du premier entretien — cela devient stressant et superficiel.
  • Symboles selon le standard McGoldrick/Gerson : □ homme · ○ femme · ◇ genre inconnu/non binaire · X = décédé·e (avec date de décès)
  • Mariage/partenariat avec date, séparation/divorce avec date (double ligne barrée)
  • Lignes relationnelles (proche/distant·e/conflictuel·le) uniquement une fois que toutes les personnes ont été saisies — ne pas les renseigner en parallèle avec les personnes, car cela rompt le fil narratif
  • Notes à droite : événements de vie marquants, professions, lieux de résidence

Ce qui n'appartient PAS au génogramme du premier entretien. Les diagnostics psychiques détaillés concernant des membres de la famille, les suppositions relatives à la consommation de substances, les affirmations juridiquement sensibles (abus, violence) — si de tels sujets surviennent, les accueillir, les valider, mais ne pas les inscrire dans le diagramme, sinon dans la partie notes protégée. Ces contenus appartiennent aux séances ultérieures, avec le consentement explicite pour la prise de notes.

Si le ou la client·e refuse la proposition. « Je comprends — certaines personnes ont besoin de temps pour cela. Pouvons-nous réserver cela pour une séance ultérieure ? » Ne jamais insister. Qui fait du génogramme un exercice obligatoire perd la relation. Cela fonctionne sans génogramme — mais c'est plus pauvre.


4. Clôture & suivi

Les 10 dernières minutes du premier entretien déterminent si le ou la client·e vient motivé·e à la séance suivante — ou ne rappelle plus du tout. Trois choses doivent se passer dans cette phase : condensation, accord et congé.

Condensation.

  • « Que retenez-vous d'aujourd'hui ? Quelle était la chose la plus importante pour vous ? » — Attendre la réponse. Ne pas résumer soi-même avant que le ou la client·e l'ait fait.
  • Partager sa propre brève réflexion : « J'ai remarqué que… » — avec prudence, à titre d'hypothèse, sans diagnostiquer.
  • Si un génogramme a été dessiné : renvoyer brièvement à une observation qui est probablement nouvelle pour le ou la client·e.

Accord.

  • Question sur le cadre : « Souhaitez-vous continuer ? » — ne pas supposer que c'est évident.
  • Fréquence et format : hebdomadaire, toutes les deux semaines, avec ou sans la famille ?
  • Signer les honoraires/contrat — si cela n'a pas eu lieu au début, le faire absolument maintenant.
  • Fixer directement le prochain rendez-vous dans l'agenda. En cas d'incertitude, ne pas se fier à « contactez-moi quand vous en aurez à nouveau besoin » — c'est le piège d'abandon le plus fréquent.
  • Faire signer le consentement RGPD (modèle séparé).
  • Si un devoir/une observation est pertinent·e : concret·e et minimal·e (« Notez d'ici la prochaine séance trois fois où vous vous sentez détendu·e. »)

Congé. Laisser le ou la client·e se lever, l'accompagner jusqu'à la porte. Pas de poignée de main si le ou la client·e ne l'a pas clairement signifié (respecter les préférences culturelles et personnelles).

Suivi — les 15 minutes les plus importantes. Après l'entretien, noter sans interruption :

1. Première impression en une phrase — qu'ai-je remarqué ? (avant toute formation d'hypothèse — la première impression a une valeur diagnostique et s'estompe rapidement)

2. Hypothèses — trois schémas d'explication possibles, explicitement provisoires. Hypothétiser plutôt que diagnostiquer.

3. Situation de la demande — qui est le ou la mandant·e (le ou la client·e lui-même/elle-même ? l'aide sociale à l'enfance ? le ou la partenaire ?), quel est le mandat concret, qui l'a formulé ?

4. Résonance — quel effet l'entretien a-t-il eu sur moi ? Où me suis-je engagé·e émotionnellement, où suis-je resté·e à distance ? C'est du matériel pour la supervision.

5. Points ouverts — qu'est-ce qui est resté flou, qu'est-ce qui devra être clarifié lors de la prochaine séance ?


5. Six situations difficiles typiques

Certaines configurations reviennent dans les premiers entretiens. Voici une sélection avec, pour chacune, une proposition de gestion. Non pas des réponses standardisées — mais des pistes pour la propre réflexion.

### Situation 1 — Le ou la client·e parle sans interruption

Après 12 minutes, aucune pause n'a été marquée ; le récit saute entre l'enfance, le travail et la relation actuelle. L'entretien risque de se déliter.

Proposition : Poliment, mais fermement : « Puis-je vous interrompre un instant ? J'entends trois thèmes — votre enfance, votre travail, votre relation. Lequel est le plus important pour vous aujourd'hui ? Par lequel devrions-nous commencer ? » Ainsi le ou la client·e devient co-structurateur·trice et l'entretien devient pilotable.

### Situation 2 — Le ou la client·e dit : « Je ne sais pas ce que vous voulez entendre »

Cas classique, surtout chez des personnes qui n'ont jamais eu recours à un accompagnement ou qui sont là sous pression (du ou de la partenaire, de l'aide sociale à l'enfance).

Proposition : « Vous n'avez rien à "savoir" de ce que je veux entendre. Il s'agit de ce qui vous a amené·e ici. Peut-être pouvons-nous commencer très simplement : qu'est-ce qui vous a donné l'idée d'être assis·e ici aujourd'hui ? » — Cela déplace le focus de la pression des attentes vers la propre motivation.

### Situation 3 — Un couple vient, mais un seul veut un accompagnement

Le ou la client·e a pris le rendez-vous, le ou la partenaire est assis·e à côté avec le sentiment d'y être « parce qu'il/elle le voulait ». Langage corporel : bras croisés, réponses courtes, regards en coin occasionnels.

Proposition : Aborder cela ouvertement, sans attribuer de faute. « J'ai l'impression que l'un de vous est ici plutôt parce que l'autre le souhaitait. Est-ce exact ? Comment vivez-vous cela ? » Puis clarifier : voulons-nous avoir les deux ici aujourd'hui — et thématiser aussi les motivations différentes ? Ou est-ce que je commence par un entretien individuel et nous décidons ensuite d'un éventuel accompagnement de couple ? Les deux sont légitimes. Important : ne jamais ignorer la personne peu motivée, mais l'inviter en tant qu'observateur·trice.

### Situation 4 — Le ou la client·e pleure immédiatement

Des larmes dès la première phrase — la personne a longtemps tenu bon, quelque chose se libère maintenant.

Proposition : Ne rien dire. Approcher des mouchoirs. Maintenir sa propre présence, ne pas chercher à rassurer (« Ça va aller » est à proscrire). Après une demi-minute de silence : « Prenez votre temps. » Ce n'est que lorsque le ou la client·e lui-même/elle-même souhaite reprendre la parole que l'on avance doucement. Si les larmes durent plusieurs minutes et que les mots sont à peine possibles : « Parfois, il aide de prendre un moment pour respirer. Souhaitez-vous vous lever un instant ? Souhaitez-vous d'abord clarifier quelque chose de pratique — comment nous allons procéder — avant d'entrer plus en profondeur ? »

### Situation 5 — Le ou la client·e pose des questions personnelles au ou à la conseiller·e

« Avez-vous vous-même des enfants ? Êtes-vous marié·e ? Quel âge avez-vous ? » — Souvent un test des bases de confiance.

Proposition : Réponse courte et sobre, puis retour vers le ou la client·e. « J'ai moi-même deux enfants, oui. — Qu'est-ce qui vous préoccupe dans cette question ? » Ne jamais rejeter brusquement (« Cela n'a rien à voir avec le sujet ») — c'est nuisible à la relation. Mais ne pas non plus se mettre à faire l'objet de l'entretien.

### Situation 6 — Le ou la client·e fait état d'un danger immédiat

Au cours de l'entretien, des pensées suicidaires, des violences domestiques ou un danger pour le bien-être d'un enfant deviennent manifestes.

Proposition : Réduire immédiatement le rythme. Interroger concrètement : en cas de suicidalité — plan ? moyen ? moment ? antécédents ? En cas de violence — actuellement ? ce soir ? enfants dans le foyer ? En cas de danger pour le bien-être d'un enfant — âge des enfants, situation actuelle. Puis clarifier son propre cadre d'action : suicidalité aiguë → service médical de garde ou numéro d'urgence (15 ou 112). Violence aiguë → numéro national d'écoute Violence Femmes Info (3919) ou police (17). Danger pour un enfant → consultation avec un·e professionnel·le expérimenté·e selon § 8a SGB VIII (Code social allemand), éventuellement informer les services de protection de l'enfance.

La clause de confidentialité est levée dans ces cas sous l'état de nécessité justificatif selon § 34 StGB (Code pénal allemand) — la pesée des intérêts doit être documentée. En cas de danger pour un enfant, procédure graduée selon § 4 KKG (loi allemande sur la coopération et l'information en matière de protection de l'enfance) : d'abord avec les parents, puis avec un·e professionnel·le expérimenté·e, puis si nécessaire avec les services de protection de l'enfance.


6. Autoréflexion après le premier entretien — une liste de contrôle

Ces questions sont destinées aux propres notes, pas au dossier. Elles affûtent la perception professionnelle et constituent le matériel le plus important pour la supervision.

  • Joining — ai-je pu établir une relation ? À quel moment l'entretien était-il le plus dense ? Où y avait-il de la distance ?
  • Mandat — est-ce clair pour moi ce que le ou la client·e attend de moi ? Ai-je posé la question ou supposé ?
  • Hypothèses — ai-je plus d'une explication en tête ? Ou suis-je fixé·e sur une seule hypothèse ?
  • Propre résonance — qu'est-ce que l'entretien a déclenché en moi ? Où étais-je engagé·e émotionnellement, où ennuyé·e, où distrait·e ?
  • Adéquation du cadre — le format proposé (individuel, couple, famille, fréquence) correspond-il au mandat tel que je l'ai compris ?
  • Limites — y a-t-il des indices que ce mandat dépasse ma compétence, mon cadre ou mon rôle ? Ai-je besoin d'une orientation, d'une co-thérapie, d'une supervision ?


FAQ — Six questions centrales issues de la pratique

1. Dois-je déjà facturer lors du premier entretien ?

L'usage est le suivant : le premier entretien est facturé comme une séance ordinaire — l'accompagnement commence à la première phrase, pas au deuxième rendez-vous. Certain·e·s conseiller·e·s proposent un pré-entretien gratuit de 15 minutes par téléphone pour évaluer la compatibilité, et facturent à partir du premier entretien en présentiel. L'important est de le communiquer au préalable — pas de facture surprenante.

2. Combien de séances recommander à la fin du premier entretien ?

L'accompagnement systémique travaille généralement avec 5 à 15 séances — court comparé au travail psychanalytique ou cognitivo-comportemental. À la fin du premier entretien, il est cependant conseillé de ne pas fixer un nombre précis, mais une première étape limitée dans le temps : « Convenons de trois séances, puis voyons ensemble si et comment nous souhaitons continuer. » Cela protège contre un sur-engagement et donne de la sécurité au ou à la client·e.

3. Que faire si, à la fin, je sens que ce cas me dépasse ?

C'est honorable et professionnel. Options directes : (a) chercher une supervision puis décider ; (b) proposer une co-consultation avec un·e collègue plus expérimenté·e ; (c) orienter vers une structure plus compétente. Lors de l'orientation, ne jamais formuler « je vous renvoie » — mais plutôt « dans cette configuration, je pense que vous serez mieux accompagné·e chez XY ». Transmettre le contact, pas seulement le nom.

4. Puis-je déjà dessiner un génogramme lors du premier entretien ?

Oui — si la transition est bonne et que le ou la client·e est prêt·e. Trois générations suffisent, davantage est dépassant. Mais : pas de programme obligatoire. Si l'entretien est principalement de stabilisation en situation de crise (script C), reporter le génogramme à la séance suivante. L'outil doit servir la demande, non l'inverse.

5. Dois-je prendre des notes lors du premier entretien ?

Avec parcimonie — des mots-clés, pas une prise de notes intégrale. Qui écrit en permanence n'est pas présent. Ce qui est utile : noter brièvement entre les phases ce que le ou la client·e a dit exactement (les formulations textuelles sont importantes). Après l'entretien, documenter plus en détail dans les 15 premières minutes. Ce qui appartient au dossier et ce qui n'est que pour la propre réflexion : le rendre transparent dès le début.

6. Que faire si, après le premier entretien, je ne sais pas comment continuer ?

C'est plus fréquent qu'on ne le pense — et ce n'est pas un échec. Options : attendre quelques jours et réfléchir, puis formuler une hypothèse pour la prochaine séance. En cas d'incertitude : supervision ou intervision. Avant la séance suivante, discuter brièvement avec le ou la client·e deux ou trois directions possibles et choisir ensemble. Ce n'est pas non professionnel, mais participatif.


Aide-mémoire pratique à emporter

Les pages suivantes contiennent du matériel pratique imprimable pour le premier entretien. Vous pouvez détacher ces pages, les emporter en séance et les remplir au cours de l'entretien.

  • Page 1 — Vue d'ensemble des phases sous forme de tableau à 3 colonnes pour la poche.
  • Page 2 — Vérification du cadre et choix du script sous forme de liste de contrôle pour la préparation.
  • Page 3 — Feuille de notes avec des lignes pour les premiers mots-clés en cours d'entretien.
  • Les explications de chaque phase se trouvent dans les pages précédentes.

Vue d'ensemble des phases — Premier entretien

PhaseQue dis-je ?À quoi suis-je attentif·ve ?
1. Joining (5')« Je suis content·e que vous soyez là. Nous avons une heure aujourd'hui. Qu'est-ce qui vous a amené·e ici ? »Posture, respiration, première résonance
2. Demande (10–15')Écouter. Relancer. « Parlez-m'en davantage. »Thèmes, mandant·e, ambiance
3. Mandat (8')« Qu'attendez-vous de notre travail ensemble ? » / « À quoi verriez-vous que cela en valait la peine ? »Concrétude, réalisme, convergence
4. Ressources (8')« Qu'est-ce qui a déjà fonctionné ? Qui est à vos côtés ? »Forces, réseau, espoir
5. Génogramme (15–20')« J'aimerais mieux connaître votre famille — puis-je dessiner au fur et à mesure ? »Trois générations, symboles, notes
6. Clôture (8')« Que retenez-vous d'aujourd'hui ? Comment souhaitez-vous continuer ? »Accord, contrat, prochain rendez-vous

Formulations de transition — à portée de main

  • « Puis-je vous interrompre un instant — j'entends trois thèmes. »
  • « Il nous reste maintenant une demi-heure — qu'est-ce qui est encore important pour vous avant de conclure ? »
  • « J'aimerais bien noter cela — on voit parfois mieux ainsi. »
  • « J'ai remarqué… — comment vous situez-vous par rapport à cela ? »

Vérification du cadre et choix du script

Avant l'entretien — Vérification du cadre

  • ☐ Chaises à 90°, hauteur identique
  • ☐ Porte fermée, téléphone en mode silencieux
  • ☐ Consentement RGPD à portée de main
  • ☐ Contrat d'accompagnement / information sur les honoraires à portée de main
  • ☐ Grande feuille + deux stylos pour le premier génogramme
  • ☐ Eau pour les deux
  • ☐ Agenda pour le prochain rendez-vous
  • ☐ Exercice de respiration — trois respirations profondes

Quel script correspond ?

  • A — Arc de croissance : ouvert·e, demande vague, pas de pression → solution & ressources
  • B — Plan par étapes : problème concret, besoin de structure → définition & plan
  • C — Question d'ancrage : crise, forte charge → appui & sécurité

Après l'entretien — Autoréflexion (3 min)

Première impression en une phrase :

Trois hypothèses (provisoires) :

Mandat — qui veut quoi de qui ?

Propre résonance / points ouverts pour la supervision :

Notes en cours d'entretien

Date / Cadre / Code

Demande en 1 phrase

Mandat (qui veut quoi de qui ?)

Critère de réussite (« À quoi le verriez-vous… ? »)

Ressources / appuis

Premières hypothèses / observations

Accord / prochain rendez-vous


Sources et bibliographie complémentaire

  • Schlippe, Arist von / Schweitzer, Jochen : Lehrbuch der systemischen Therapie und Beratung I — Das Grundlagenwissen. Vandenhoeck & Ruprecht. Ouvrage de référence pour la clarification du mandat, la formation d'hypothèses et le premier entretien en contexte systémique.
  • Schlippe / Schweitzer : Lehrbuch der systemischen Therapie und Beratung II — Das störungsspezifische Wissen. V&R. Indications pour le premier entretien selon la configuration du problème.
  • McGoldrick, Monica / Gerson, Randy / Petry, Sueli (2020) : Genograms — Assessment and Treatment, 4e édition. W. W. Norton. Ouvrage de référence pour le recueil du génogramme lors du premier entretien (standard des trois générations).
  • Tomm, Karl (1987/1988) : Interventive Interviewing I–III, Family Process 26/27. Quatre types de questions (linéaires, circulaires, stratégiques, réflexives) comme cadre de structuration.
  • Boscolo, Cecchin, Hoffman, Penn : Milan Systemic Family Therapy — Conversations in Theory and Practice. École de Milan : hypothétisation, circularité, neutralité.
  • de Shazer, Steve / Berg, Insoo Kim : Lösungsorientierte Kurzzeittherapie. Carl-Auer. Question miracle, questions d'échelle, exceptions.
  • DGSF — Deutsche Gesellschaft für Systemische Therapie, Beratung und Familientherapie (dgsf.org). Association professionnelle avec programme d'études, portail de connaissances et articles spécialisés sur la clarification du mandat.
  • Systemische Gesellschaft (SG) (systemische-gesellschaft.de). Directives-cadres pour les formations continues en conseil systémique.
  • Carl-Auer-Lexikon des systemischen Arbeitens — entrée « Lösungsfokussierung », librement accessible en ligne (carl-auer.de/magazin/systemisches-lexikon).
  • §§ 8a SGB VIII, 4 KKG, 34 StGB — cadre légal pour la protection de l'enfance et la clause de confidentialité en situation d'urgence aiguë.
  • RGPD Art. 13 — obligation d'information lors du premier entretien sur le traitement des données.

Sources à jour au 2026-06-03. L'inventaire méthodologique et le réservoir de questions sont enrichis à chaque nouvelle édition des ouvrages de référence — voir les indications d'éditeur pour les éditions recommandées.

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