Ce qui est techniquement nécessaire, ce qui passe bien, ce qui doit être évité — un retour d'expérience depuis l'aide familiale ambulatoire et le conseil mobile.
Pourquoi le cadre change tout en visite à domicile
Au bureau, la·le consultant·e est l'hôte·sse. En visite à domicile, c'est la famille. Ce déplacement affecte chaque geste, chaque question et chaque morceau de méthode — y compris et surtout le génogramme. Qui ne réfléchit pas à cela produit de la résistance sans savoir d'où elle vient.
Les visites à domicile sont la norme dans la protection de la jeunesse, l'aide familiale, les soins ambulatoires et certaines parties de l'aide aux personnes dépendantes. Le génogramme y est souvent le médium qui établit relation et diagnostic en un seul geste — mais uniquement si le cadre s'y prête.
Liste de matériel
Ce que j'ai dans la sacoche depuis des années — sans prétention à l'exhaustivité :
- Un grand papier (au moins A3, plutôt A2 en rouleau). Jamais A4 — cela paraît mesquin et ne correspond pas structurellement à trois générations.
- Trois stylos de couleurs différentes. Noir pour la structure, bleu pour les relations proches, rouge pour les conflits. Plus de couleurs sème la confusion.
- Une planchette ou un support rigide — les tables de cuisine ont des miettes, les tables basses sont souvent trop bancales.
- Autocollants/post-its pour des notes qui pourront tomber plus tard — par exemple, des hypothèses pas encore formulées dans l'entretien.
- Un tissu pour couvrir le travail en cas d'interruption (porte, téléphone, enfants).
- Pas de tablette lors du premier contact. Un logiciel de génogramme numérique est formidable, mais dans le salon de la famille, il crée de la distance.
Ce qui passe bien
Travailler par terre. Quand des enfants sont présents, le sol est souvent l'endroit le plus égalitaire. Les grands-parents plutôt à table (ménager les genoux), les parents souvent aussi — mais proposer consciemment le sol comme possibilité change l'atmosphère de façon mesurable.
Laisser la famille dessiner. Au lieu de dessiner soi-même, donner le stylo à l'enfant le plus âgé·e (« Tu connais le mieux la famille ») ou demander au grand-père de représenter la génération de ses parents. Le pouvoir sur le stylo distribue le pouvoir sur l'image.
Laisser place aux petites anecdotes. « Mon père disait toujours... » — ces phrases sont de l'or. Au bureau, le cadre fait défaut pour cela. Dans le salon, une tout autre profondeur s'ouvre souvent.
Ce qu'il faut éviter
Ne pas faire éteindre la télévision. Si la famille la laisse allumée, c'est une information — ils communiquent l'attention qu'ils donnent au rendez-vous. Même demander le silence paraît intrusif.
Pas de cours magistraux sur les symboles. Qui dit « laissez-moi vous expliquer brièvement la symbolique » a déjà perdu l'atmosphère de la visite. Introduire les symboles au fil de l'eau, quand ils sont nécessaires.
Ne pas dépasser trois générations. Au bureau, on a tendance à pousser plus loin. En visite, la fatigue de la famille arrive plus vite. Trois générations — parents, grands-parents, client·e — sont bien faisables en 90 minutes.
Penser à la protection des données et au RGPD. En visite à domicile, des notes contenant des données sensibles sont produites. Elles doivent être rangées dans une sacoche fermable, jamais ouvertement sur la table ou dans la voiture.
Vignette de pratique
Famille avec deux fils adolescents, aide à la jeunesse ambulatoire. Première visite après une escalade à l'école. J'apporte du papier A2 et trois stylos. La mère me place à la table de la cuisine, les fils sur le canapé, le père debout. Au bout de 10 minutes, je demande : « Qui d'entre vous connaît historiquement le mieux votre famille ? » — le père. Je lui donne le stylo noir, je recule moi-même d'un pas. Au bout de 5 minutes, les fils regardent, viennent près, complètent oncles et cousines. L'entretien se porte de lui-même.
Après la visite
Prendre une photo du génogramme papier avant de partir. Il reste chez la famille — cela fait aussi partie du déplacement du cadre. Au bureau, je prends l'original avec moi ; en visite, je le laisse là, avec la consigne de ne pas le ranger.
Le report numérique dans le dossier (par exemple avec GenoEasy ou de manière analogique) je le fais le soir au bureau. Cela lie la chaleur de l'atmosphère de visite à l'obligation de documentation professionnelle.
Liens complémentaires
- DGSF : travail familial à domicile — Société allemande pour la thérapie systémique
- Lexique socialnet : visite à domicile — Lexique du travail social
- Éditions Carl-Auer — Ouvrages de référence sur la pratique systémique
- Bundesarbeitsgemeinschaft Familie — Fédération spécialisée en aide familiale
- Klett-Cotta : travail social systémique — Maison d'édition