Quand le génogramme est là — que faire ? Vérifier les hypothèses, activer les ressources, lancer du mouvement. Retours d'expérience sur la deuxième séance, sous-estimée.
Pourquoi la deuxième séance est différente
La première séance est clarification du mandat et état des lieux. La deuxième est travail. D'après mon expérience, les parcours de consultation échouent rarement à la première séance — mais à la deuxième, où il reste flou ce qu'il faut faire du génogramme dessiné.
Qui, à la deuxième séance, regarde simplement encore une fois le génogramme et « poursuit », gâche l'élan de la première. La·le client·e a été chez elle·lui, a réfléchi, a parfois parlé avec des membres de la famille, a apporté quelque chose. Cette énergie a besoin de structure.
Trois tâches pour la deuxième séance
1. Vérifier les hypothèses
À la fin de la première séance, vous aviez vraisemblablement des hypothèses en tant que consultant·e — des schémas remarqués, des relations qui ont frappé. Elles méritent d'être explicitement sur la table à la deuxième séance, non comme diagnostic, mais comme proposition.
Phrase standard : « En y repensant après notre dernière séance, j'ai remarqué que... — qu'est-ce que cela vous dit, de votre côté ? » La·le client·e peut confirmer, corriger, affiner. Elle·il prend un rôle actif, au lieu d'être passivement guidé·e.
2. Activer les ressources
Le génogramme est généralement dessiné de façon orientée déficit : conflits, addictions, séparations sont les marqueurs saillants. La deuxième séance est l'occasion d'équilibrer l'image : « Où sont les forces ? Qui a survécu ? Qui a réussi ce que personne n'aurait attendu ? »
Cette activation des ressources n'est pas une pensée naïvement positive, mais un diagnostic systémique. Les ressources sont une information sur ce qui est porteur dans le système — et les consultant·e·s ont besoin de cette information pour ne pas s'enliser dans la pathologie.
3. Lancer du mouvement
La deuxième séance ne doit pas seulement apporter de la compréhension, mais aussi une recommandation de mouvement. Cela peut être une petite tâche (« Parlez cette semaine avec votre tante de votre grand-mère ») ou un mouvement intérieur (« Observez cette semaine quand vous glissez dans le rôle de votre mère sans le vouloir »).
Le mouvement doit être petit. Qui, à la deuxième séance, lance de grands changements, risque la surcharge. Une mini-tâche d'observation suffit souvent.
Ce qui se montre souvent à la deuxième séance
La·le client·e a réfléchi à la maison. Souvent, de nouvelles informations arrivent — noms, dates, anecdotes familiales qui n'étaient pas là à la première séance. Ces compléments ne sont pas un rajout, mais du mouvement en soi. Ils montrent que la·le client·e a saisi le génogramme comme étant le sien.
D'autres membres de la famille sont mentionnés. « Mon oncle a dit que je devrais vous raconter que... » — de telles phrases sont des indices que le système réagit. Les consultant·e·s devraient le marquer (« Intéressant, le système parle »), pas l'ignorer.
La résistance devient visible. Certain·e·s client·e·s reviennent à la deuxième séance plus distant·e·s. C'est fréquent — la première séance a ouvert quelque chose qui doit maintenant être défendu. Les consultant·e·s ne devraient pas le lire comme un échec, mais comme une réaction systémique.
Vignette de pratique
Client, début trentaine, est venu à la première séance pour une désorientation professionnelle. Le génogramme montrait trois générations d'universitaires, lui-même avait abandonné. À la deuxième séance, il apporte une photo de son grand-père — un paysan qui n'a jamais étudié et n'a jamais voulu étudier. « Lui, je l'avais oublié. »
Nous vérifions l'hypothèse qu'il a un conflit de loyauté entre deux lignées familiales. Il confirme : « Je suis peut-être le premier à le rendre public. » La séance bascule de la désorientation à la confrontation avec une pression d'attente héritée.
La photo du grand-père reçoit une place fixe dans le génogramme — comme signe visible de la lignée négligée.
Ce qu'il faut éviter
Redessiner le génogramme « à neuf ». Qui commence la deuxième séance en refaisant le génogramme signale : la première séance était préparatoire, maintenant cela commence vraiment. Cela dévalorise la première séance — et décourage la·le client·e.
Les sauts méthodologiques. Qui saute du génogramme à la constellation à la lettre-à-la-mère à l'enfant-intérieur en une seule séance produit une ivresse méthodologique. Une méthode par séance, bien mise en œuvre.
Recommandations directives. « Vous devriez parler avec votre mère. » Ces phrases ne sont pas un output de consultation, mais de la pression du·de la consultant·e. Les recommandations devraient être formulées sous forme de question : « Que dirait votre tante si vous lui posiez cette question ? »
Quand la·le client·e ne revient pas
Certain·e·s client·e·s ne viennent pas à la deuxième séance après la première. Ce n'est généralement pas un échec, mais une information : soit le cadre n'était pas approprié, soit la première séance était suffisante. Les consultant·e·s ne devraient pas le prendre personnellement — mais le réfléchir pour eux·elles-mêmes : qu'aurais-je pu faire autrement ?
D'après mon expérience, la cause la plus fréquente n'est pas « la séance était mauvaise », mais « la·le client·e n'était pas encore prêt·e ». C'est légitime. Un court message amical par mail suffit — pas de pression.
Liens complémentaires
- DGSF : parcours de consultation — Société allemande pour la thérapie systémique
- Karl Tomm : Interventive Interviewing — Aperçu méthodologique
- Éditions Carl-Auer — Ouvrages de référence sur la consultation systémique
- Société systémique — Curricula SG
- Lexique socialnet — Lexique du travail social